samedi 2 mars 2013

Connaissez-vous ‘les puces des neiges’ ?


Avez-vous déjà remarqué la présence de ‘petits grains de poivre’ sur la neige ?  Leur taille varie entre un et deux millimètres. On les voit la plupart du temps lorsque le temps doux hivernal est présent, juste après des périodes de grand  froid.  Les marcheurs, raquetteurs et les amateurs de skis ont certainement déjà remarqué leur présence dans nos belles forêts enneigées.

Ce qui nous apparaît comme des grains de poivre sont des puces des neiges, plus précisément des ‘Collemboles Nivicoles’. Et ces grains de poivre moulus  qui semblent versés sur la neige…ils bougent… non, je ne blague pas!

Lorsque vous les verrez, arrêtez vous un moment et observez, vous verrez  qu’elles sautent vraiment.

Est-ce nouveau de voir des puces des neiges?  Non

Est-ce qu'elles piquent?  Non



L'ordre des Collemboles

Les collemboles sont des hexapodes ( hexa=6, pode=pied ), comme tous les insectes. Ils n'ont pas d'aile, et au bout de l'abdomen, ils ont une petite fourche ( la furca ) qui leur permet de sauter. Ils mesurent moins de 4 mm.

Au printemps, on les voit sur la neige ( puces des neiges ) autour des arbres.


Les Collemboles possèdent 2 antennes, chacune constituée de 4 à 6 segments. Ils ont 3 paires de pattes ( HEXAPODES ) ; ce sont des entognathes. Les collemboles ont 3 segments thoraciques, 6 segments abdominaux ou moins, une furca ( composée du manubrium, de la dens et du mucron ), un tube ventral ( pour les échanges hydriques semblerait-il ). De plus, ils ont des yeux ( ocelles ). Les larves sont semblables aux adultes.
Extrait de : http://www.lesinsectesduquebec.com/insecta/1-collembola/collembola.htm




LE COLLEMBOLE NIVICOLE
ou  «PUCE DES NEIGES»

par  Jean-Raymond Bilodeau
Octobre 1998

Alcan International Limitée, Jonquière, Québec

L’apparition hâtive et l’abondance quasi anormale du Collembole
nivicole ont fait qu’un grand nombre de personnes, non-initiées à la science de l’entomologie, ont remarqué le phénomène. Pour la majorité de ces observateurs, le dit phénomène avait un caractère, pour le moins, étrange. Il était question de « cendres », de« poussières » ou de « grains de poivre » déposés sur la neige. Certains croyaient voir ces « particules » se déplacer en vagues. Quelques personnes, à l’imagination fertile, ont saisi l’occasion pour échafauder les hypothèses les plus incroyables et les plus farfelues pour trouver une explication… rassurante. Cet article a pour but de démystifier un phénomène tout à fait naturel.


Qu’est-ce qu’un collembole ?
Les collemboles, cause réelle de tous ces émois, sont de très petites bestioles à six pattes (hexapodes) qui ne présentent aucune métamorphose. Leur taille
de 1 à 2 mm est comparable à celle d'un grain de poivre. Ces petits arthropodes sont très anciens. Ils existent depuis environ 400 millions d’années!

Lorsque dérangé, la bestiole se projette dans les airs à quelques centimètres plus loin.

Ce mécanisme semble un moyen efficace pour échapper aux prédateurs. En anglais, on désigne communément les collemboles par le mot « springtails ». Traduit littéralement par « queues-à ressort », ce nom vernaculaire est très imagé.

Généralement, le collembole vit dans les sols forestiers et agricoles, les litières de feuilles, sous les mousses, les écorces ou les pierres. Son¡ rôle écologique est très important, brassant la matière humique,  véhiculant les spores de champignons, assurant l’équilibre microbien, etc. Certaines espèces au corps très blanc vivent dans nos pots de fleurs; d'autres sont aquatiques, sautant et glissant à la surface de l'eau.


Le Collembole nivicole

Le nom vernaculaire du Collembole nivicole est « puce des neiges ». Bien que sauteur, il ne s'agit pas d'une véritable puce, ni d'un parasite de l’homme ou des mammifères. Donc, il ne pique pas.

L’adaptation aux températures froides fait partie de son évolution. Certains écrits révèlent que des espèces survivent à des températures extrêmes de – 60 °C. La répartition géographique du Collembole nivicole est générale en Amérique du Nord, là ou il y a de la neige au cours de l'hiver. Il a une cousine qui vit au nord du continent européen: Isotoma saltans, la « puce des glaciers ».

Le Collembole nivicole est souvent trouvé en très grand nombre sur la neige, la plupart du temps à la fin de l'hiver. Végétation en décomposition, champignons, algues microscopiques, bactéries, grains de pollen constituent son menu principal. Lors de sorties sur la neige, il retrouve sûrement un ou plusieurs de ces éléments nutritifs en assez grande abondance pour subsister; en outre, il peut rester sans manger pendant de très longues périodes. En plus de s'alimenter, H. nivicola doit également assurer sa descendance. C'est en effet durant leur période active que les adultes s'accouplent… à plusieurs reprises. À chaque mue, la femelle perd son tégument et sa spermathèque qui renferme le sperme emmagasiné lors d’un accouplement. Elle doit par conséquent s’accoupler de nouveau après chaque mue.


Abondance remarquable en Sagamie


En 1998, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, ce phénomène a provoqué un certain émoi. Une période exceptionnellement chaude qui a débuté dès la mifévrier a sûrement donné le signal pour cette sortie hâtive du Collembole nivicole. La longue durée de cette période douce a pu favoriser l’abondance de l'espèce. Cette sortie en masse est très souvent liée au réveil général de toute cette nature végétale, après un long sommeil hivernal.

Le collembole H. nivicola ne cause que des problèmes mineurs. Attiré par la sève d'érable, il crée souvent des ennuis aux acériculteurs en s'accumulant dans les chaudière de récolte de l'eau d'érable. Lorsqu'il sont en grande abondance, ils s'accumulent dans les pistes de ski de randonnée et ralentissent les skieurs, un peu comme les aiguilles de conifères qui se prennent dans le fart des skis.


Conclusion

Le phénomène climatique El Niño a probablement joué un rôle primordial parmi les facteurs qui expliquent notre hiver anormalement doux. Il a hâté

la sortie du Collembole nivicole et favorisé sa survie comme pour les autres bestioles qui passent l’hiver dans le sol et les litières de feuilles.

Étant donné qu’il a fait exceptionnellement doux durant l’hiver, un plus grand nombre de gens ont passé plus de temps dehors et les observateurs profanes ont ainsi eu l’occasion de voir, de s’intéresser et de s’émerveiller devant un des innombrables phénomènes de la Nature. Qu’il est bon d’échapper à la vie trépidante du quotidien pendant quelques instants !

 
Pour plus de renseignements sur la puce des neiges;  http://entomofaune.qc.ca/Feuillets/DF20-collembole_niv.pdf





            Vidéo: Puces Des Neiges - Les Collemboles



Sources



http://www.facebook.com/LaPageDesBleuetsDuLacSaintJean


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